Val-d’Oise : le rappeur Samat tué par balle

Mauvaises nouvelles de la scène du rap français, le rappeur Samat a été abattu lundi dans un probable règlement de comptes, alors qu’il était assis dans sa voiture sur un parking McDonald’s à Garges-les-Gonesse.

Que s’est-il vraiment passé ?

Le rappeur Samat a été abattu lundi 7 octobre 2019 à Garges-lès-Gonesse, Val-d’Oise. En début de soirée, il se trouvait sur le parking McDonald’s de la ville, quand une voiture s’est approchée et a ouvert le feu. L’artiste a reçu une balle dans la tête devant sa femme et son enfant. Les détonations ont été entendues et le ou les suspects ont fui dans un véhicule retrouvé par la suite par la police. Brûlé, la voiture s’est trouvé dans la ville de Clos-Saint-Lazare, Stains, d’où venait Samat.

Selon les premiers éléments de l’enquête, c’est la piste du règlement des comptes qui est privilégiée par la police judiciaire de Versailles, en charge des enquêtes.

Qui était-il ?

Samat venait de Stains, une ville de Seine-Saint-Denis. Rappeur depuis la fin des années 1990, il a commencé en 1998, dont le collectif La Rafale. Samat a ensuite commencé une carrière solo et a sorti plusieurs mixtapes dans les années 2000. Son premier album, « Juste Milieu », est sorti en 2006. Samat était déjà quelqu’un de collaborateur puisque l’on a pu retrouvé sur cet album plusieurs autres rappeurs comme Tandem, Lino d’Ärsenik ou Alibi Montana. L’année qui a suivi, un nouvel album est sorti avec La Rafale. Est venu ensuite les albums « The Bitumen Pain » en 2009 et plusieurs autres projets. Mais c’est en 2016 que Samat a été connu dans le monde du rap, notamment avec sa collaboration avec Sofiane sur « shooters in the city ».

Reconnu pour ses nombreuses collaborations avec d’autres artistes de la scène rap française, il avait aussi souvent parlé de lui pour ses problèmes avec la justice. Avant de mourir, il était en prison, incarcéré à la prison de Nanterre après avoir été inculpé en 2018 pour trafic d’armes et de stupéfiants, selon une source proche de l’enquête. Il a obtenu l’autorisation de sortir lorsque l’attaque a eu lieu. L’Agence France Presse rappelle que le rappeur avait été impliqué dans un règlement de comptes en 2010, déjà sur un parking : celui d’un supermarché Cora Garges-lès-Gonesse.

Qu’en était-il de sa carrière musicale ?

La carrière de Samat est fortement influencée par le rap américain des années 1980 et 1990. Il utilise des mélodies sombres coupées par des boîtes à rythmes, des lignes de basse prononcées et des paroles brutes, souvent violentes. Dans ses textes, comme dans ses clips, les armes sont presque omniprésentes et la figure du gangster ou du caïd de banlieue mise en avant. Sur les images publiées sur les réseaux sociaux, on peut voir Samat portant un gilet pare-balles ou une arme dans la main. Dans l’une des dernières vidéos publiées par Samat, on retrouve un morceau de son prochain album « Commission rogatoire« . Intitulé « Crine organisé« , cet exploit avec Kalash Criminel montrait les deux rappeurs face à la caméra en train de renverser des lignes de punch souvent très loin. La sortie de « Commission rogatoire » avait été annoncée le 4 septembre dernier. Ce nouvel album compte 26 autres collaborations, dont celles avec Niro, Sofiane, Kaaris, Lacrim ou Lartiste.